« Le corps s’en va, l’amour reste »

Si l’on peut comprendre qu’un être en souffrance puisse attendre avec impatience la délivrance occasionnée par la fin de toutes les violences subies par un corps endolori, l’absence ne peut que bouleverser les proches de celui qui est parti. La peine ne peut que gagner ceux qu’un décès a séparé.
La perte s’accompagne d’une pesanteur, d’une douleur, que le soulagement procuré par l’arrêt de ce combat acharné mené par un être aimé désemparé par un corps délabré ne parvient à apaiser.
La sensation d’une part de soi qui s’en va avec celui qui n’est plus là.
Des photos jaunies, trop tôt vieillies, des clichés ternis, un passé enseveli.
Le ressenti d’une enfance qui s’évanouit quand disparaît celui-ci.
Des souvenirs rejaillis, des brides de vies qui s’enfuient.
Des images qui s’éloignent, la violence d’un orage qui saccage tout sur son passage. Sa vigueur efface avec lui ces jolis nuages gris qui annoncent la pluie.
Point de cris, juste des pleurs, des coeurs meurtris qui accompagnent celui qui rejoint enfin les siens, ces êtres chéris déjà partis…
Ici, c’est fini, la douleur est là quand il s’en va mais une part de lui reste là.
Le corps s’en va, l’amour reste… et accompagne l’absent ici bas et le présent bien au-delà…